Description
Coiffe de mascarade janiforme
Masque-cimier à deux visages adossés
Ejagham (Ekoi) — groupes Anyang, Boki, Keaka
Région de la Cross River, Nigeria / Cameroun
Fin du XIXᵉ – début du XXᵉ siècle
Bois sculpté monoxyle, peau animale tendue et cousue, cornes en bois sculpté, base en osier tressé ; fixation magnétique moderne (restauration)
Dimensions :L=108 cm x H=74 cm
Provenance, Collection Mushagalusa (acquisition 2002) — EK-987-1
Collection Afromusée
Porté au sommet de la tête, ce masque réunit deux visages tournés vers des directions opposées. Il voit à la fois le monde des vivants et celui des ancêtres. Sa couronne de cornes en spirales exprime la force et le prestige des sociétés rituelles qui le faisaient danser.
Nigeria / Cameroun, région de la Cross River — fin du XIXᵉ – début du XXᵉ siècle
Un regard tourné vers deux mondes
Deux visages adossés, une couronne de cornes en spirales, une peau tendue sur le bois. Cette coiffe de mascarade compte parmi les œuvres les plus saisissantes de la collection du Musée Afro-Canadien. Elle témoigne de la virtuosité des sculpteurs de la vallée de la Cross River, à la frontière du Nigeria et du Cameroun.
Une œuvre faite pour danser
Sculptée d’un seul bloc de bois, la tête est recouverte d’une peau animale assouplie, tendue et cousue directement sur la sculpture. Une base en osier tressé permettait de la fixer au sommet du crâne du danseur, dont le corps disparaissait entièrement sous le costume. En mouvement, le masque semblait prendre vie au-dessus de la foule.
Voir le visible et l’invisible
Chez les Ejagham, le double visage donne à l’esprit du masque une vision totale. Il regarde à la fois devant et derrière, vers le monde des vivants et vers celui des ancêtres. La peau qui recouvre le bois lui insuffle une force vitale. Les cornes en spirales affirment la puissance et le prestige des sociétés rituelles auxquelles il appartenait, comme la société Ngbe (Ekpe) ou les associations de chasseurs. Ces coiffes paraissaient lors des initiations, des funérailles de dignitaires et des célébrations dédiées aux ancêtres.
Un parcours jusqu’à Montréal
Acquise en 2002, l’œuvre a été léguée au Musée Afro-Canadien en 2019. À son acquisition, plusieurs cornes présentaient des cassures. Elles ont été consolidées par une intervention professionnelle. Un système d’aimants discret les maintient aujourd’hui sans altérer le bois d’origine, et la patine rituelle a été préservée.
Numéro d’inventaire : EK-987-1 · Legs, 2019








